Les différents pharmaciens.

Les différents pharmaciens.

Quand on pense pharmacien, on pense au monsieur ou la madame en blouse blanche (rarement en fait) derrière un comptoir dans une officine sombre qui vous tend des boîtes de médicaments en échange du précieux papier que représente notre prescription donnée par notre médecin généraliste.

Et bien si vous pensez que c’est le seul métier qui s’ouvre aux jeunes sortant des études de pharmacie ( pharmacie garde ouverte dimanche ), vous avez tort ! Même si les possibilités restent relativement limitées par rapport à un programmateur informatique ou à un ingénieur, elles existent réellement.

Tout d’abord, les postes sont relativement rares. Et la concurrence des autres jeunes pharmaciens venant des pays de l’Union Européenne n’y est pas non plus pour rien. Si vous ne le saviez pas, tout pharmacien ayant un diplôme universitaire délivré par une université de l’Union Européenne peut exercer en France sous les mêmes conditions qu’un pharmacien ayant fait ses études en France.

Mais, n’élargissons pas la discussion déjà complexe sur le sujet.

Il y a de plus en plus d’étudiants qui se dirigent vers ce type d’étude qui est ouvert à tous pour parfois les mauvaises raisons (entendez l’argent) sans s’imaginer de la difficulté qu’il y a d’être pharmacien et leur avenir qui semble sombre. En effet, beaucoup s’imaginent déjà patron d’une officine à diriger une équipe, gérer les stocks et l’achalandage. Si ce n’était que cela, ce serait, relativement, simple.

Donc, tous ces jeunes pharmaciens qui sortent tous les ans des amphithéâtres (même si leur nombre est limité par le numerus clausus) ne finissent pas pharmacien en officine. Certains vont se diriger vers les hôpitaux en passant les concours de la fonction publique. Les places sont rares et très chères. Déjà, il faut passer le concours et surtout la politique entre en jeu. On ne rentre pas comme ça dans un hôpital et on n’y reste pas souvent. La sécurité de l’emploi est là mais les hôpitaux ont toujours moins de moyens et l’ambiance n’est pas toujours au rendez-vous. Pour ceux qui ont eu l’occasion de naviguer dans des relations internes gérées par le népotisme rampant qu’a provoqué la tradition qu’un pharmacien soit remplacé par l’un de ses enfants. C’est d’ailleurs toujours d’actualité. Une bonne partie des étudiants tentant la première année de pharma (médecine aussi) sont des enfants de pharmaciens.

Donc, l’hôpital, c’est difficile et c’est rare.

L’industrie. Il y a énormément de laboratoires pharmaceutiques. On peut citer Sanofi, Merck ou bien Boiron. Il y a beaucoup plus d’opportunités mais les qualifications demandées sont souvent supérieures à ce que peut apporter la formation de pharmacien à la française. Il faut un Master, ou une formation en commerce ou législation. Des formations qui se rajoutent aux 6 années qu’a dû valider le pharmacien pour avoir le droit de porter ce titre. Tout de même, les salaires sont très attrayants. Pas besoin de se lancer dans la difficile ouverture d’une officine avec toute la paperasse et les risques financiers que cela implique. Cependant, les pharmaciens se trouvent alors confrontés au monde du travail « classique » auquel ils n’ont pas été forcément formés. Les universités proposent des cours pour faire des CV et des lettres de motivation dans les masters classiques mais pas forcément dans les formations spécialisées comme pharmacie. Ainsi, ils se retrouvent en concurrence avec des personnes qui, même si elles ne sont pas forcément beaucoup mieux informées, ont une petite idée de ce qu’il faut faire pour obtenir ce type de poste très précieux car relativement rare et surtout avec une très forte concurrence.

Les cliniques alors ? Oui et non. Le plus souvent, les postes proposés sont des remplacements pour congés maternité ou maladie. Ce sont donc des postes courts ce qui peut être assez difficile à gérer pour les jeunes pharmaciens, surtout s’ils souhaitent se poser. Mais cela reste une bonne solution pour acquérir une expérience variée dans des environnements différents. Ils développeront leurs compétences scientifiques ainsi que relationnelles. Pareil pour les EHPAD, elles sont peut-être de plus en plus nombreuses avec la population vieillissante mais les places restent chères.

Peut-être moins évident mais le journalisme et la communication scientifique. Ce n’est pas parce que vous avez fait pharma que le métier de pharmacien vous tente vraiment au final. Alors pourquoi ne pas se lancer dans la médiation scientifique, utiliser ses connaissances pour communiquer auprès du grand public sur un sujet que vous connaissez très bien et donc aider les gens à mieux comprendre ce métier et cet environnement. Le seul problème c’est qu’ils ne savent pas forcément comment présenter leurs propos. Là encore des formations complémentaires en journalisme existent mais demandent un investissement personnel supplémentaire que tous ne sont pas prêts à faire.

Reste l’enseignement. C’est peut-être la possibilité la plus difficile. Ce n’est peut-être pas évident au premier abord, expliquons. Pour devenir enseignant, il faut passer des concours (encore et toujours des concours, n’est-ce pas ?). Si jamais ils obtiennent ce concours, ils sont placés, et pas toujours dans des régions qu’ils affectionnent. Il y a bien des écoles privées qui permettent de devenir enseignants sans concours mais elles auront tendances à favoriser des professionnels de santé / médecins ( medecin garde ouvert aujourd’hui ) avec une vraie expérience et les feront venir en tant qu’experts pour des cours ponctuelles plutôt que de faire grossir leur corps enseignant.

Ainsi, les possibilités d’avenir ou de reconversion des pharmaciens sont relativement ouvertes mais limitées en place. En tout cas, il faut prendre conscience que le pharmacien d’officine n’est pas l’unique solution pour eux. Au final, connaissez-vous vraiment votre pharmacien ? A-t-il toujours été pharmacien d’officine ? Peut-être a-t-il fait un nombre incroyable de contrats courts avant de trouver cet emploi en officine, ou fondé la sienne, et où il vous sert toujours avec le sourire. Le pharmacien est votre soignant de proximité dont vous êtes au final le plus proche et avec qui vous allez certainement le plus échangé sur votre traitement au cours de votre vie. Ainsi, soyez conscient que ce métier difficile n’est obtenu qu’au prix d’une formation longue et difficile et parfois après de longues années. Une pharmacie ne naît pas comme cela et peut s’éteindre aussi vite qu’elle est née.

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